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Japon: le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde suspendu
information fournie par AFP 22/01/2026 à 17:24

Procédure de démarrage du réacteur de l'unité 6 dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa dans la préfecture de Niigata, le 21 janvier 2026 au Japon ( JAPAN POOL / JIJI PRESS / STR )

Procédure de démarrage du réacteur de l'unité 6 dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa dans la préfecture de Niigata, le 21 janvier 2026 au Japon ( JAPAN POOL / JIJI PRESS / STR )

L'opérateur de la plus grande centrale nucléaire du monde a décidé d'interrompre temporairement son redémarrage quelques heures seulement après le début du processus pour enquêter sur les causes du déclenchement d'une alarme, sans savoir quand le problème serait résolu.

Les opérations pour relancer un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (centre-ouest), à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, ont commencé mercredi soir après avoir reçu le mois dernier l'aval du gouverneur du département de Niigata, où elle se trouve.

"Nous ne nous attendons pas à ce que le problème soit résolu en un jour ou deux. Il est impossible pour le moment de dire combien de temps cela prendra", a déclaré jeudi le directeur du site, Takeyuki Inagaki, lors d'une conférence de presse.

"Nous allons, pour l'instant, nous concentrer pleinement sur l'identification de la cause du problème", a-t-il ajouté.

Plus tôt, Takashi Kobayashi, un porte-parole de l'opérateur Tepco, avait expliqué à l'AFP qu'une "alarme du système de surveillance liée aux barres de contrôle s'(était) déclenchée pendant les procédures de démarrage du réacteur".

La centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, le 5 août 2024 à Kashiwazaki, au Japon ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

La centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, le 5 août 2024 à Kashiwazaki, au Japon ( AFP / Yuichi YAMAZAKI )

Les barres de contrôle sont un dispositif utilisé pour ajuster la réaction nucléaire en chaîne dans le cœur du réacteur, qui peut ainsi être accélérée par leur léger retrait, ou au contraire ralentie ou arrêtée complètement par l'insertion des barres plus profondément.

"Nous enquêtions sur l'équipement électrique défectueux", a expliqué M. Kobayashi, et "quand il est apparu que cela prendrait du temps, nous avons décidé de réinsérer les barres de contrôle" afin de poursuivre l'enquête.

"Le réacteur est stable et il n'y a aucune incidence de radioactivité à l'extérieur", a-t-il aussi déclaré.

Le redémarrage, initialement prévu mardi, avait été retardé après la détection le week-end dernier du déclenchement d'une alarme --également liée aux barres de contrôle--, qui avait été résolu dimanche selon Tepco.

- "Absolument inacceptable" -

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en termes de capacité totale de production, avait été mise à l'arrêt lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre - séisme, tsunami et catastrophe nucléaire - de Fukushima en mars 2011.

L'unité n°6 de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, le 2 décembre 2025 dans la préfecture de Niigata, au Japon ( JIJI Press / STR )

L'unité n°6 de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, le 2 décembre 2025 dans la préfecture de Niigata, au Japon ( JIJI Press / STR )

L'unité n°6 de Kashiwazaki-Kariwa est le premier des réacteurs nucléaires de Tepco, qui est également l'opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, à redémarrer.

La population de Niigata est très divisée à ce sujet: selon une enquête menée en septembre par le département, 60% des habitants étaient opposés au redémarrage, contre 37% qui le soutenaient.

"L'électricité de Tokyo est produite à Kashiwazaki, et il faudrait que seuls les habitants (d'ici) soient en danger? Cela n'a aucun sens", a déploré Yumiko Abe, une habitante de 73 ans interrogée par l'AFP cette semaine lors d'une manifestation devant la centrale.

Quinze ans après la catastrophe, "la situation n'est toujours pas maîtrisée à Fukushima. Et Tepco veut relancer une centrale? Pour moi, c'est absolument inacceptable", s'est quant à lui indigné Keisuke Abe, 81 ans.

Plusieurs associations ont remis début janvier une pétition contre la relance comportant près de 40.000 signatures à Tepco et à l’Autorité japonaise de régulation nucléaire soulignant que la centrale se trouve sur une zone sismique active où a eu lieu un violent séisme en 2007.

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